Dans de nombreux pays, la traite des êtres humains continue, comme cela est le cas au Liban.
Impossible de les manquer. Au Liban, les "petites bonnes" sont visibles partout: tenant la main des enfants, poussant un chariot, promenant le chien. Originaires du Sri Lanka, du Népal, des Philippines ou encore d'Ethiopie, elles seraient plus de 200.000 dans ce pays dont la population avoisine les 4 millions d'habitants. Une main d'oeuvre bon marché aux conditions très précaires. Confiscation de leur passeport dès l'arrivée dans les familles, violences verbales et physiques, travail à outrance (24h/24, 7j/7)... leur situation ressemble parfois à de l'esclavage moderne.
"Parfois, les travailleurs ne reçoivent pas assez à manger, et n’ont pas de chambre privée. Dans des cas plus extrêmes encore, les migrants ne reçoivent pas leurs salaires et sont physiquement ou sexuellement abusés", écrit Caritas Liban, qui depuis 2005 propose des maisons de sûreté à ces femmes en détresse, en coopération avec le gouvernement libanais.
Evidemment toutes les employées de maisons ne sont pas maltraitées mais l'ONG reçoit tout de même de nombreux témoignages:
>Isuri* a dû quitter son pays à l'âge de 28 ans pour subvenir aux besoins de son mari handicapé et de sa fille. Arrivée au Liban le 2 avril 2005, cette Sri Lankaise était employée dans une famille pour un salaire de 100 dollars par mois. Mais, 10 mois plus tard, elle n’avait touché que 200 dollars. Victime de maltraitance de la part de l'épouse de son employeur, elle s'est tournée vers Caritas Liban en janvier 2006. Selon l'ONG, Isuri a été régulièrement frappée, privée de nourriture et a dû effectuer de lourdes charges de travail. Hébergée dans l'une des maisons de sûreté du centre, elle a reçu l’assistance sociale, médicale et légale nécessaire. Le 16 avril 2006, elle retourne au Sri Lanka mais ne récupèrera son pécule qu'après deux ans de combat, le 17 mars 2008.
>Nimasha* a, elle, été victime du torture. Arrivée le jour de Noël 2005 au Liban, après avoir quitté le Sri Lanka pour payer des soins à ses parents, elle est employée dans un foyer de cinq personnes. Rapidement, son employeur, un docteur, l’accuse de l’avoir volé et commence à la maltraiter. Selon le témoignage recueilli par Caritas Liban, cette jeune femme a reçu des coups de marteau au niveau des épaules, des mains, du dos. Son employeur lui a également brulé le bras gauche en août 2007, à l’aide d’un fil électrique. Quelques jours plus tard, les voisins ont alerté l’ambassade du Sri Lanka. Contraint, l’employeur y a transporté la jeune femme, qui a été transférée par la suite à l’hôpital. Le Centre de Migrants de Caritas Liban a alors apporté l’aide médico-sociale nécessaire à Nimasha. Une enquête judiciaire a été ouverte le 4 septembre de la même année, à l'encontre de l'employeur. Ce dernier a alors été arrêté et emprisonné. Après quelques semaines, Nimasha a retiré sa plainte en échange d’une compensation financière de 6.500 dollars et d’un billet d’avion pour rentrer dans son pays. L’employeur, lui, a été libéré.
Mobilisation pour la protection des victimes
Depuis quelques années, les autorités libanaises et la société civile libanaise se mobilisent et dénoncent de plus en plus les abus à l'encontre de ces employées domestiques. Cependant, en septembre, Human Rights Watch publiait un rapport dénonçant le système judiciaire libanais qui "n’assure pas la protection des employées domestiques". Un projet financé par l’Union Européenne s'attèle, toutefois, à sensibiliser juges, officiers d’immigration et autres gardiens à la traite des travailleurs migrants.
Mais, même si ces témoignages représentent des cas extrêmes et isolés, Caritas Liban assure recevoir encore en 2010, ce type de témoignages.
*Les prénoms ont été changés.
"Parfois, les travailleurs ne reçoivent pas assez à manger, et n’ont pas de chambre privée. Dans des cas plus extrêmes encore, les migrants ne reçoivent pas leurs salaires et sont physiquement ou sexuellement abusés", écrit Caritas Liban, qui depuis 2005 propose des maisons de sûreté à ces femmes en détresse, en coopération avec le gouvernement libanais.
Evidemment toutes les employées de maisons ne sont pas maltraitées mais l'ONG reçoit tout de même de nombreux témoignages:
>Isuri* a dû quitter son pays à l'âge de 28 ans pour subvenir aux besoins de son mari handicapé et de sa fille. Arrivée au Liban le 2 avril 2005, cette Sri Lankaise était employée dans une famille pour un salaire de 100 dollars par mois. Mais, 10 mois plus tard, elle n’avait touché que 200 dollars. Victime de maltraitance de la part de l'épouse de son employeur, elle s'est tournée vers Caritas Liban en janvier 2006. Selon l'ONG, Isuri a été régulièrement frappée, privée de nourriture et a dû effectuer de lourdes charges de travail. Hébergée dans l'une des maisons de sûreté du centre, elle a reçu l’assistance sociale, médicale et légale nécessaire. Le 16 avril 2006, elle retourne au Sri Lanka mais ne récupèrera son pécule qu'après deux ans de combat, le 17 mars 2008.
>Nimasha* a, elle, été victime du torture. Arrivée le jour de Noël 2005 au Liban, après avoir quitté le Sri Lanka pour payer des soins à ses parents, elle est employée dans un foyer de cinq personnes. Rapidement, son employeur, un docteur, l’accuse de l’avoir volé et commence à la maltraiter. Selon le témoignage recueilli par Caritas Liban, cette jeune femme a reçu des coups de marteau au niveau des épaules, des mains, du dos. Son employeur lui a également brulé le bras gauche en août 2007, à l’aide d’un fil électrique. Quelques jours plus tard, les voisins ont alerté l’ambassade du Sri Lanka. Contraint, l’employeur y a transporté la jeune femme, qui a été transférée par la suite à l’hôpital. Le Centre de Migrants de Caritas Liban a alors apporté l’aide médico-sociale nécessaire à Nimasha. Une enquête judiciaire a été ouverte le 4 septembre de la même année, à l'encontre de l'employeur. Ce dernier a alors été arrêté et emprisonné. Après quelques semaines, Nimasha a retiré sa plainte en échange d’une compensation financière de 6.500 dollars et d’un billet d’avion pour rentrer dans son pays. L’employeur, lui, a été libéré.
Mobilisation pour la protection des victimes
Depuis quelques années, les autorités libanaises et la société civile libanaise se mobilisent et dénoncent de plus en plus les abus à l'encontre de ces employées domestiques. Cependant, en septembre, Human Rights Watch publiait un rapport dénonçant le système judiciaire libanais qui "n’assure pas la protection des employées domestiques". Un projet financé par l’Union Européenne s'attèle, toutefois, à sensibiliser juges, officiers d’immigration et autres gardiens à la traite des travailleurs migrants.
Mais, même si ces témoignages représentent des cas extrêmes et isolés, Caritas Liban assure recevoir encore en 2010, ce type de témoignages.
*Les prénoms ont été changés.

Sous l'égide du Ministère de la Culture en partenariat avec l'UNESCO, cet événement commémore la date anniversaire de l'adoption par l'Assemblée Générale des Nations Unies, de la Convention pour la répression et l'abolition de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui, le 02 décembre 1949.
« Avant de nous signaler quelqu'un au 115, ça ne coûte rien d'aller lui parler », lance Loïc.